Vous relevez du statut LMP (loueur en meublé professionnel) dès que deux conditions sont réunies en même temps : vos recettes locatives meublées annuelles dépassent 23 000 € pour l’ensemble du foyer fiscal, et elles excèdent le total de vos autres revenus d’activité (salaires, autres BIC, bénéfices agricoles et non commerciaux). Tant que l’une de ces deux conditions n’est pas remplie, vous restez en LMNP (loueur en meublé non professionnel).
Le choix ne se décrète donc pas : il découle de vos chiffres. Ce qui change entre les deux statuts, c’est la fiscalité des bénéfices, le régime social (prélèvements sociaux ou cotisations d’indépendant), l’imputation des déficits et surtout l’imposition de la plus-value à la revente. Avant de trancher, estimez la rentabilité de votre projet pour situer vos recettes par rapport au seuil.
LMNP et LMP : définitions et critères d’éligibilité
Le LMNP s’adresse aux investisseurs pour qui la location meublée reste une activité secondaire, en complément d’autres revenus. Vous en relevez tant que vos recettes locatives annuelles restent inférieures à 23 000 €, ou tant qu’elles ne dépassent pas vos autres revenus d’activité du foyer fiscal.
Le LMP concerne les situations où la location meublée devient prépondérante dans les revenus du foyer. Le statut s’applique automatiquement dès que les deux conditions cumulatives sont franchies : plus de 23 000 € de recettes annuelles et des recettes supérieures au total des autres revenus d’activité du foyer (traitements et salaires, BIC hors meublé, bénéfices agricoles et non commerciaux). Ces critères sont fixés par l’article 155, IV du Code général des impôts.
Quelle est la différence entre LMNP et LMP ?
La distinction se lit sur plusieurs plans : conditions d’accès, régime social, traitement des déficits et fiscalité de la revente. Le tableau ci-dessous consolide les principaux écarts.
| Critère | LMNP | LMP |
|---|---|---|
| Recettes locatives annuelles | Inférieures à 23 000 € ou aux autres revenus d’activité | Supérieures à 23 000 € et aux autres revenus d’activité |
| Nature des revenus | BIC (non professionnels) | BIC (professionnels) |
| Régime d’imposition | Micro-BIC ou réel | Réel |
| Régime social | Prélèvements sociaux (18,6 %) | Cotisations sociales des indépendants |
| Imputation des déficits | Sur les BIC de même nature (reportables 10 ans) | Sur le revenu global |
| Amortissement du bien | Oui (au régime réel) | Oui (au régime réel) |
| Plus-value à la revente | Régime des particuliers | Régime professionnel |
| TVA | Non assujettie (sauf para-hôtellerie) | Non assujettie (sauf para-hôtellerie) |
| Immatriculation | SIRET via le guichet unique | SIRET via le guichet unique |
| IFI | Bien imposable | Exonération possible sous conditions |
Retenez l’essentiel : le LMNP conserve la souplesse et la fiscalité des particuliers, tandis que le LMP ouvre l’imputation des déficits sur le revenu global et un régime de plus-value professionnelle, en contrepartie de cotisations sociales et d’obligations comptables plus lourdes.
Les avantages fiscaux : LMNP ou LMP
Les deux statuts relèvent des BIC et permettent de déduire les charges et d’amortir le bien. Leurs avantages fiscaux divergent surtout sur le régime d’imposition, le traitement des déficits et la revente.
Les atouts du LMNP
Si vos recettes annuelles restent inférieures à 77 700 €, vous pouvez opter pour le micro-BIC et son abattement forfaitaire de 50 % : vous n’êtes imposé que sur la moitié de vos loyers, sans justificatif de charges.
Au régime réel, le principal levier du LMNP est l’amortissement : vous déduisez chaque année une fraction de la valeur du bien et du mobilier, ce qui réduit fortement, voire annule, votre base imposable pendant plusieurs années. S’y ajoutent les charges déductibles classiques : intérêts d’emprunt, frais de gestion, taxe foncière, travaux. Pour arbitrer entre micro et réel, notre guide sur la fiscalité de la location meublée détaille les deux régimes.
Deux évolutions récentes à connaître. Depuis 2025, les amortissements déduits en LMNP sont réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la revente (sauf résidences étudiantes, seniors et EHPAD avec services). Les prélèvements sociaux sur les revenus locatifs meublés sont fixés à 18,6 % depuis la hausse de CSG applicable aux BIC. Le régime fiscal complet est détaillé sur la fiche service-public.fr des revenus d’une location meublée.
Les avantages du LMP
Le principal atout du LMP est l’imputation des déficits sur le revenu global, sans limitation : si votre activité dégage une perte (souvent au démarrage, à cause des intérêts et des travaux), elle vient réduire l’ensemble de vos revenus imposables, et non les seuls revenus locatifs comme en LMNP.
Comme en LMNP, vous amortissez le bien et le mobilier au régime réel. À la revente, le LMP relève du régime des plus-values professionnelles, qui ouvre des exonérations liées à la durée d’activité et au niveau de recettes (voir plus bas). Enfin, sous conditions, les biens affectés à l’activité LMP peuvent être exonérés d’IFI, un atout pour les patrimoines immobiliers importants.
Quand passer de LMNP à LMP ?
Le basculement n’est pas un choix : il s’impose dès que vos recettes locatives dépassent 23 000 € par an et excèdent vos autres revenus d’activité. Le changement de statut entraîne alors l’affiliation au régime social des indépendants, une comptabilité commerciale plus rigoureuse (souvent avec un expert-comptable) et de nouvelles obligations déclaratives. En contrepartie, vous gagnez l’imputation des déficits sur le revenu global et la fiscalité des plus-values professionnelles.
Quel est l’impact du passage en LMP ?
Le passage en LMP modifie votre fiscalité et votre gestion sur cinq plans :
- Fiscalité : vous imputez vos déficits sur votre revenu global. Un déficit de 10 000 € sur un revenu global de 50 000 € ramène la base imposable à 40 000 €.
- Cotisations sociales : vous relevez du régime social des travailleurs indépendants. Ces cotisations varient de l’ordre de 20 % à 45 % du bénéfice net selon son niveau, avec une cotisation minimale due même en l’absence de bénéfice.
- Comptabilité : une comptabilité commerciale complète devient nécessaire, ce qui suppose souvent un expert-comptable (budget courant de 1 000 € à 3 000 € par an selon la complexité).
- Plus-values : vous relevez du régime des plus-values professionnelles. Après 5 ans d’activité, l’exonération peut être totale si vos recettes annuelles sont inférieures à 90 000 € HT, partielle entre 90 000 € et 126 000 € HT (article 151 septies du CGI).
- IFI : vos biens loués en meublé professionnel peuvent être exonérés d’IFI sous conditions, une économie significative pour un patrimoine immobilier important.
Choisir entre LMNP et LMP : les facteurs à considérer
Sur le papier, le statut découle mécaniquement de vos chiffres. En pratique, plusieurs paramètres orientent votre stratégie d’investissement :
- le montant de vos recettes locatives, actuelles et projetées ;
- leur part dans les revenus d’activité de votre foyer ;
- votre capacité à assumer les obligations comptables et sociales du LMP ;
- vos objectifs patrimoniaux de long terme (revente, transmission) ;
- votre situation fiscale globale.
Chaque situation est unique : un statut avantageux pour un investisseur peut ne pas l’être pour un autre. Pour projeter vos loyers et votre rendement avant de vous décider, appuyez-vous sur notre méthode de calcul du rendement locatif.
Cotisations sociales : la vraie différence de coût
C’est souvent le point qui pèse le plus dans l’arbitrage. En LMNP, les bénéfices supportent les prélèvements sociaux au taux de 18,6 %. Aucune cotisation d’activité n’est due.
En LMP, les bénéfices sont assujettis aux cotisations sociales des indépendants, plus élevées, mais qui ouvrent des droits (retraite, maladie). Une cotisation minimale reste due même sans bénéfice. En contrepartie, ces cotisations sont déductibles du résultat imposable, ce que ne permettent pas les prélèvements sociaux du LMNP. Le bon comparatif ne se limite donc pas au taux affiché : il faut raisonner en coût net après impôt.
Plus-value à la revente : particulier ou professionnel
La revente est l’un des écarts les plus lourds entre les deux statuts, et l’un des plus mal anticipés.
En LMNP, la plus-value relève du régime des particuliers : abattements pour durée de détention, avec une exonération d’impôt sur le revenu au bout de 22 ans et une exonération de prélèvements sociaux au bout de 30 ans. Point de vigilance depuis 2025 : les amortissements déduits pendant la location sont réintégrés dans le calcul de la plus-value imposable (sauf résidences services étudiantes, seniors et EHPAD), ce qui augmente la base taxable à la revente.
En LMP, la plus-value est professionnelle, scindée en court terme (à hauteur des amortissements pratiqués) et long terme. Mais le LMP bénéficie d’un régime d’exonération lié à la durée d’activité : après 5 ans, l’exonération est totale si les recettes annuelles restent sous 90 000 € HT (article 151 septies du CGI). Pour estimer l’imposition d’une revente, consultez notre page dédiée au calcul de la plus-value immobilière.
CFE, TVA et obligations déclaratives
Quel que soit le statut, la location meublée est une activité soumise à la cotisation foncière des entreprises (CFE), sauf exonérations locales ou cas particuliers (comme la location d’une partie de sa résidence principale). Elle suppose aussi une immatriculation : la déclaration de début d’activité se fait via le guichet unique et donne lieu à l’attribution d’un numéro SIRET, en LMNP comme en LMP.
Côté TVA, la location meublée d’habitation en reste exonérée dans les deux statuts. La TVA ne s’applique qu’à la para-hôtellerie, c’est-à-dire lorsque vous fournissez des services para-hôteliers (petit-déjeuner, ménage régulier, accueil, linge). Enfin, au régime réel, une déclaration de résultat annuelle (liasse BIC) accompagne votre déclaration de revenus.
LMNP ou LMP : questions fréquentes
Quel est l’avantage principal du LMNP ?
Sa simplicité et sa fiscalité douce : micro-BIC avec 50 % d’abattement ou régime réel avec amortissement, prélèvements sociaux à 18,6 %, et plus-value au régime des particuliers avec exonération progressive. C’est le statut par défaut de l’investisseur locatif meublé.
Quel est l’inconvénient du LMP ?
Un coût social plus élevé (cotisations d’indépendant), une comptabilité plus lourde et des obligations déclaratives renforcées. En échange, il autorise l’imputation des déficits sur le revenu global et un régime de plus-value professionnelle avantageux.
Quel montant de recettes ne pas dépasser pour rester en LMNP ?
Vous quittez le LMNP dès que vos recettes locatives dépassent 23 000 € par an ET deviennent supérieures à vos autres revenus d’activité. Le seuil de 23 000 € seul ne suffit pas : les deux conditions doivent être réunies.
Le LMNP existe-t-il toujours en 2026 ?
Oui. Le statut LMNP reste en vigueur en 2026. La principale évolution concerne la revente : depuis 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value (hors résidences services étudiantes, seniors et EHPAD).
Le bon statut n’est pas une question de préférence mais de chiffres : projetez vos recettes, comparez-les au seuil de 23 000 € et à vos autres revenus, puis mesurez l’impact sur votre rendement net. Notre calculette de rentabilité locative vous aide à cadrer votre projet avant de choisir entre LMNP et LMP.
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