Le taux d’endettement maximum est fixé à 35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise. Cette limite s’impose aux banques depuis janvier 2022, sur décision du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF). Elle va de pair avec deux autres règles : une durée de prêt plafonnée à 25 ans et une marge de souplesse qui autorise les banques à dépasser le seuil pour 20 % de leurs dossiers.
Pour savoir combien vous pouvez emprunter sans franchir ce plafond, chiffrez d’abord la rentabilité et le financement de votre projet avec notre calculette de rentabilité locative.
Concrètement, avec 4 000 € de revenus nets mensuels, l’ensemble de vos mensualités de crédit (assurance incluse) ne doit pas dépasser 1 400 €. Le seuil n’est toutefois pas absolu : bien préparé, un dossier peut le franchir dans le cadre de la dérogation prévue par la réglementation.
Quel est le taux d’endettement maximum autorisé en 2026 ?
Le taux d’endettement maximum autorisé est de 35 %, assurance de prêt comprise. Ce plafond, fixé par le HCSF, encadre l’octroi des crédits immobiliers et des prêts relais. Il protège l’emprunteur du surendettement et s’applique quel que soit le montant emprunté ou le type de projet, résidence principale comme investissement locatif.
| Règle HCSF | Plafond en vigueur en 2026 |
|---|---|
| Taux d’endettement (taux d’effort) | 35 % des revenus nets, assurance comprise |
| Durée maximale du prêt | 25 ans (jusqu’à 27 ans avec différé, neuf ou ancien avec travaux) |
| Marge de dérogation des banques | 20 % de la production trimestrielle de crédits |
| Part réservée à la résidence principale | au moins 70 % de cette marge |
| Part réservée aux primo-accédants | au moins 30 % de cette marge |
Ces règles figurent dans la décision du HCSF relative aux conditions d’octroi des crédits immobiliers, juridiquement contraignante pour les banques depuis le 1er janvier 2022 : auparavant, il ne s’agissait que d’une recommandation. Le détail est publié sur le site du Haut Conseil de stabilité financière.
Comment calcule-t-on le taux d’endettement ?
Le taux d’endettement se calcule en divisant vos charges de crédit mensuelles par vos revenus nets, multiplié par 100. Un ménage qui rembourse 800 € de crédits pour 2 500 € de revenus affiche ainsi un taux de 32 % (800 × 100 ÷ 2 500).
Taux d'endettement (%) = (Charges de crédit mensuelles × 100) ÷ Revenus nets mensuels
Les charges prises en compte comprennent :
- la mensualité du nouveau prêt immobilier, assurance emprunteur incluse ;
- les mensualités des crédits en cours (consommation, auto, autre bien immobilier) ;
- les pensions alimentaires versées.
Les revenus retenus regroupent :
- les salaires nets (et primes régulières) ;
- les revenus non salariés, lissés sur deux à trois ans ;
- les pensions de retraite ;
- les revenus fonciers, le plus souvent pondérés à 70 %.
Point clé souvent oublié : depuis les règles du HCSF, le calcul se fait assurance comprise, c’est-à-dire sur le TAEG et non sur le seul taux nominal. L’assurance de prêt, qui pèse de 0,10 à 0,40 % du capital par an selon le profil, s’ajoute donc directement à votre taux d’endettement. Vous pouvez vérifier votre situation avec le calculateur d’endettement de service-public.fr.
Peut-on dépasser les 35 % d’endettement ?
Oui : une banque peut accorder un crédit au-delà de 35 % pour 20 % de sa production trimestrielle de nouveaux prêts. La règle du HCSF n’est donc pas absolue, contrairement à une idée répandue. Cette marge de flexibilité est réservée en priorité à l’achat de la résidence principale et aux primo-accédants.
Sur 100 dossiers de crédit immobilier, une banque peut en financer environ 20 qui dépassent 35 % d’endettement ou 25 ans de durée. Au sein de cette marge :
- au moins 70 % doit financer l’acquisition d’une résidence principale ;
- au moins 30 % doit bénéficier à des primo-accédants ;
- la part restante peut concerner d’autres projets, dont l’investissement locatif.
Pour un investisseur, la place dans cette marge est plus étroite : les dossiers locatifs qui dépassent le seuil passent après les résidences principales. Un dossier solide, avec apport, épargne de précaution et reste à vivre confortable, reste néanmoins finançable au-delà de 35 %.
Taux d’endettement et investissement locatif : quelles règles ?
Pour un investissement locatif, les loyers perçus entrent dans vos revenus, mais les banques les pondèrent généralement à 70 % pour tenir compte de la vacance et des charges. Le taux d’endettement se calcule alors sur l’ensemble des charges et des revenus du foyer, loyers pondérés inclus.
Deux méthodes de calcul coexistent :
- La méthode du taux d’endettement classique : toutes les charges de crédit (résidence principale et investissement) sont rapportées à tous les revenus (salaires et loyers pondérés). C’est la méthode conforme aux règles du HCSF, aujourd’hui la plus répandue.
- La méthode différentielle : la banque ne retient que le solde entre le loyer attendu et la mensualité du prêt locatif. Plus favorable à l’investisseur, elle est désormais peu pratiquée car moins compatible avec le calcul du taux d’effort imposé par le HCSF.
Pour bâtir un dossier locatif finançable, la clé consiste à travailler la capacité d’emprunt et l’apport en amont. Approfondissez avec notre guide sur le financement d’un investissement locatif, le calcul de votre capacité d’emprunt et le rôle de l’apport personnel.
Quel salaire faut-il pour respecter le taux d’endettement de 35 % ?
Avec un taux d’endettement plafonné à 35 %, votre mensualité maximale correspond à 35 % de vos revenus nets. Pour 2 500 € de revenus, la mensualité (assurance comprise) ne peut dépasser 875 € ; pour 4 000 €, elle atteint 1 400 €.
| Revenu net mensuel | Mensualité max (35 %) | Capacité d’emprunt indicative sur 25 ans |
|---|---|---|
| 1 600 € | 560 € | environ 114 000 € |
| 2 000 € | 700 € | environ 143 000 € |
| 2 500 € | 875 € | environ 178 000 € |
| 3 000 € | 1 050 € | environ 214 000 € |
| 4 000 € | 1 400 € | environ 286 000 € |
| 5 000 € | 1 750 € | environ 357 000 € |
Ces montants sont donnés à titre indicatif, pour un taux d’intérêt d’environ 3,3 % sur 25 ans, sans autre crédit en cours et hors coût de l’assurance. Un crédit déjà en cours réduit d’autant la mensualité disponible, et le taux du marché fait varier la capacité d’emprunt d’un mois à l’autre : vérifiez le taux en vigueur avant de vous projeter.
Reste à vivre : l’autre critère regardé par les banques
Au-delà du taux d’endettement, les banques vérifient le reste à vivre : la somme qui reste au foyer une fois toutes les charges de crédit payées. Un taux de 35 % ne pèse pas de la même façon selon les revenus : il reste bien plus à vivre à un foyer gagnant 8 000 € qu’à un foyer gagnant 2 000 €.
Il n’existe pas de montant légal de reste à vivre : chaque banque fixe ses propres seuils, souvent de l’ordre de 700 à 1 000 € par adulte et de 300 à 500 € par enfant, ajustés selon le coût de la vie local. Un reste à vivre confortable peut justifier une dérogation au seuil de 35 % ; à l’inverse, un reste à vivre serré peut faire refuser un dossier pourtant en dessous de 35 %.
Comment réduire son taux d’endettement ?
Pour ramener votre taux d’endettement sous les 35 %, vous pouvez augmenter votre apport, allonger la durée du prêt, solder ou racheter vos crédits, ou renégocier votre assurance emprunteur. Chaque levier agit soit sur les charges, soit sur les revenus pris en compte.
- Augmenter votre apport : un apport plus élevé réduit le capital emprunté, donc la mensualité et le taux d’endettement.
- Allonger la durée : passer de 20 à 25 ans diminue la mensualité, au prix d’un coût total du crédit plus élevé. La durée reste plafonnée à 25 ans, 27 ans avec différé.
- Solder ou racheter vos crédits : rembourser un crédit à la consommation ou regrouper vos prêts (rachat de crédits) libère de la capacité d’emprunt.
- Déléguer l’assurance emprunteur : l’assurance étant comptée dans le taux d’endettement, une délégation moins chère (loi Lemoine, résiliation à tout moment) fait mécaniquement baisser votre taux d’effort.
- Ajouter un co-emprunteur : les revenus du foyer étant additionnés, emprunter à deux augmente la capacité globale.
Chaque projet a ses propres chiffres. Avant de déposer votre dossier, chiffrez la rentabilité et le financement de votre projet pour vérifier que votre taux d’endettement reste maîtrisé.
Questions fréquentes sur le taux d’endettement maximum
Quel est le taux d’endettement maximum autorisé pour un crédit immobilier ?
Le taux d’endettement maximum est de 35 %, assurance emprunteur comprise. Ce plafond, fixé par le HCSF, s’impose aux banques depuis le 1er janvier 2022. Il se calcule en rapportant l’ensemble de vos charges de crédit à vos revenus nets. Les banques peuvent toutefois y déroger pour 20 % de leurs dossiers, en priorité pour la résidence principale.
Le taux d’endettement de 35 % inclut-il l’assurance emprunteur ?
Oui. Depuis les règles du HCSF, le taux d’endettement se calcule assurance comprise, sur la base du TAEG et non du seul taux nominal. L’assurance de prêt, qui représente souvent 0,10 à 0,40 % du capital par an, pèse donc directement sur votre taux d’effort. La déléguer à un contrat moins cher aide à rester sous les 35 %.
Le taux d’endettement se calcule-t-il sur le salaire brut ou net ?
Sur les revenus nets. Les banques retiennent vos salaires nets mensuels, auxquels s’ajoutent, selon votre situation, pensions de retraite, revenus non salariés lissés sur plusieurs années et revenus fonciers. Les loyers d’un investissement locatif sont le plus souvent pondérés à 70 % pour tenir compte de la vacance et des charges.
Peut-on emprunter avec un taux d’endettement supérieur à 35 % ?
Oui, dans une certaine limite. Les banques peuvent accorder jusqu’à 20 % de leurs crédits à des emprunteurs dépassant 35 % ou 25 ans de durée. Cette marge est réservée en priorité à l’achat de la résidence principale et aux primo-accédants. Un investisseur au dossier solide, avec apport et reste à vivre confortable, peut aussi en bénéficier.
Les revenus locatifs comptent-ils dans le taux d’endettement ?
Oui, mais partiellement. La plupart des banques intègrent les loyers perçus dans vos revenus après une pondération, souvent à 70 %, pour anticiper la vacance et les charges. Ces loyers pondérés s’ajoutent à vos revenus, tandis que la mensualité du prêt locatif s’ajoute à vos charges dans le calcul du taux d’endettement global.
Quel salaire faut-il pour emprunter 200 000 € ?
Pour emprunter environ 200 000 € sur 25 ans à un taux proche de 3,3 %, la mensualité avoisine 980 €. En respectant le plafond de 35 %, il faut donc disposer d’environ 2 800 € de revenus nets mensuels, sans autre crédit en cours. Le montant exact dépend du taux, de la durée et du coût de l’assurance.
Un prêt relais est-il soumis au même taux d’endettement maximum ?
Oui, le plafond de 35 % s’applique aussi aux prêts relais, avec parfois un peu plus de souplesse. Les banques peuvent, sous conditions, alléger le poids d’un prêt relais adossé à la vente d’un bien, car son remboursement est prévu à court terme. Chaque établissement applique ses propres règles d’analyse.
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