Pour un investissement immobilier, les banques demandent en général un apport d'environ 10 % du montant du projet, destiné à couvrir les frais de notaire et les frais de garantie. Mais l'investissement locatif est le cas où le financement à 110 % (sans apport) reste le plus courant : avec un bon dossier, la banque peut financer le prix du bien, les frais de notaire et la garantie, car les loyers attendus et la déductibilité des intérêts renforcent le projet.
Le bon niveau d'apport dépend donc moins d'une règle fixe que de votre stratégie : préserver son épargne et jouer l'effet de levier, ou rassurer la banque et réduire la mensualité. Pour chiffrer l'impact de chaque scénario sur votre rentabilité, utilisez notre calculette de rentabilité locative.
Quel apport minimum pour un investissement immobilier ?
L'apport minimum usuellement demandé se situe autour de 10 % du montant du projet. Cette somme ne réduit pas le prix du bien : elle sert à régler les frais annexes que la banque préfère ne pas financer, à savoir les frais de notaire (7 % à 8 % dans l'ancien, 2 % à 3 % dans le neuf) et les frais de garantie du prêt (caution ou hypothèque), auxquels s'ajoutent les frais de dossier.
Voici, à titre indicatif, l'apport usuel de 10 % selon le montant du projet dans l'ancien :
| Montant du projet | Apport usuel (~10 %) | À quoi il sert |
|---|---|---|
| 150 000 € | ~15 000 € | frais de notaire + garantie |
| 200 000 € | ~20 000 € | frais de notaire + garantie |
| 250 000 € | ~25 000 € | frais de notaire + garantie |
| 300 000 € | ~30 000 € | frais de notaire + garantie |
Ces montants sont des ordres de grandeur : un apport de 10 % couvre généralement les frais annexes, mais chaque banque fixe ses propres attentes selon la qualité du dossier. Pour affiner ce que vous pouvez réellement financer, consultez notre guide sur la capacité d'emprunt en investissement locatif.
Peut-on investir sans apport avec un financement à 110 % ?
Oui, le financement à 110 % (sans apport) est possible et reste plus fréquent en investissement locatif qu'en résidence principale. On parle de 110 % car la banque finance non seulement les 100 % du prix du bien, mais aussi les 10 % de frais annexes (notaire, garantie, dossier). L'emprunteur ne sort donc rien de sa poche à l'achat.
Ce montage n'est pas automatique : il suppose un dossier solide (revenus stables, taux d'endettement maîtrisé, gestion bancaire saine). Certaines banques y sont plus ouvertes que d'autres, mais aucune ne l'accorde à un profil fragile. L'apport zéro se mérite par la qualité du reste du dossier.
Pourquoi les banques financent-elles plus facilement un locatif sans apport ?
En investissement locatif, le bien génère des loyers que la banque intègre à votre capacité de remboursement (elle en retient en général environ 70 % pour tenir compte de la vacance et des charges). Le projet s'autofinance donc en partie, ce qui rassure le prêteur.
S'ajoute un argument fiscal : dans le cadre d'une location nue au régime réel, les intérêts d'emprunt sont déductibles des revenus fonciers. Emprunter davantage (donc payer plus d'intérêts) peut alors réduire la base imposable. C'est l'inverse de la résidence principale, où les intérêts ne sont pas déductibles. Conserver son épargne plutôt que de la mobiliser en apport devient une décision d'optimisation, pas seulement de trésorerie.
Faut-il mettre un apport ou financer à 110 % ?
Il n'existe pas de réponse unique : mettre un apport rassure la banque et allège la mensualité, tandis que financer à 110 % maximise l'effet de levier et préserve votre épargne. L'effet de levier consiste à faire travailler l'argent de la banque : tant que le rendement du bien dépasse le taux du crédit, chaque euro emprunté rapporte plus qu'il ne coûte, ce qui démultiplie la rentabilité de vos fonds propres.
| Critère | Avec apport (~10 % à 20 %) | Sans apport (110 %) |
|---|---|---|
| Mensualité de crédit | Plus faible | Plus élevée |
| Effet de levier | Réduit | Maximal |
| Intérêts déductibles (location au réel) | Moins d'intérêts à déduire | Plus d'intérêts déductibles |
| Épargne disponible | Mobilisée dans le projet | Conservée et plaçable ailleurs |
| Facilité d'acceptation | Plus élevée | Exige un très bon dossier |
Concrètement, un investisseur qui vise le rendement et sait gérer sa trésorerie privilégiera souvent le financement à 110 % pour garder son épargne comme matelas de sécurité et diversifier. Un profil plus prudent, ou dont le dossier est juste, gagnera à injecter un apport pour rassurer la banque et obtenir un meilleur taux. Le mécanisme complet (levier positif ou négatif, rentabilité des fonds propres) est détaillé dans notre guide du rendement locatif.
Comment le taux d'endettement de 35 % influence-t-il l'apport ?
Depuis les recommandations du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), le taux d'endettement est plafonné à 35 % des revenus, assurance emprunteur comprise, sur une durée maximale de 25 ans. Ce plafond s'applique aussi à l'investissement locatif : c'est souvent lui, plus que l'apport, qui détermine ce que vous pouvez emprunter.
Les banques disposent d'une marge de flexibilité pour déroger à cette règle sur une part de leurs dossiers (jusqu'à 20 %), réservée aux meilleurs profils. Un apport plus important peut aider indirectement : en réduisant le capital emprunté, il diminue la mensualité et fait redescendre le taux d'endettement sous le seuil. À l'inverse, si votre endettement est déjà confortable, l'apport devient facultatif. Pour vérifier votre marge, appuyez-vous sur notre analyse de la capacité d'emprunt avant de constituer votre dossier via un plan de financement locatif complet.
D'où peut provenir l'apport et comment le justifier ?
L'apport doit provenir d'une épargne traçable : livrets, plans d'épargne, assurance-vie, donation ou héritage. La banque demande à en vérifier l'origine pour écarter tout risque de blanchiment et s'assurer que la somme n'est pas elle-même empruntée. Les sources les plus courantes sont :
- L'épargne personnelle (livret A, LDDS, PEL, CEL, compte-titres, assurance-vie), justifiée par vos relevés récents
- Une donation familiale ou un héritage, appuyés d'un acte notarié ou d'une attestation
- Le produit de la revente d'un bien ou d'un placement
- Un déblocage d'épargne salariale (participation, intéressement)
Un point de vigilance : le prêt à taux zéro (PTZ) est réservé à l'achat d'une résidence principale par un primo-accédant, il ne finance pas un investissement locatif. Ne comptez donc pas dessus pour votre apport locatif. Son fonctionnement, utile si vous combinez un jour résidence principale et projet locatif, est détaillé dans notre guide du prêt à taux zéro (PTZ).
Un apport trop élevé peut-il être un mauvais choix ?
Oui : injecter trop d'apport peut réduire votre capacité à investir ailleurs et diminuer l'effet de levier. Immobiliser 30 % ou 40 % du prix dans un seul bien vide votre épargne de précaution et vous prive de la trésorerie nécessaire pour saisir une autre opportunité ou faire face à des travaux imprévus.
Sur le plan de la rentabilité, plus vous apportez, plus vous financez le bien avec vos propres fonds plutôt qu'avec ceux, moins chers, de la banque : le rendement de vos fonds propres baisse mécaniquement. En location au réel, un apport élevé réduit aussi les intérêts déductibles. La bonne mesure consiste à apporter juste assez pour sécuriser le financement et obtenir un bon taux, sans assécher votre épargne. Chaque projet ayant ses propres chiffres, comparez plusieurs scénarios d'apport avant de trancher.
Questions fréquentes sur l'apport en investissement immobilier
Quel apport pour un investissement de 200 000 € ?
Pour un bien ancien à 200 000 €, l'apport usuel de 10 % représente environ 20 000 €, de quoi couvrir les frais de notaire (près de 15 000 €) et les frais de garantie. En investissement locatif, un financement à 110 % reste toutefois envisageable avec un bon dossier, ce qui ramène l'apport nécessaire à zéro.
Quel apport pour un prêt de 150 000 € ?
Un apport d'environ 15 000 €, soit 10 % du montant, est le repère habituel pour un emprunt de 150 000 €. Il sert à régler les frais de notaire et de dossier. Là encore, l'investissement locatif autorise plus souvent un montage sans apport, à condition que les loyers attendus et votre taux d'endettement restent dans les clous.
Peut-on emprunter à 110 % pour un investissement locatif ?
Oui. Le prêt à 110 % finance le prix du bien plus les frais de notaire et de garantie, sans apport. Il est plus accessible en locatif car les loyers renforcent le dossier et les intérêts d'emprunt sont déductibles au réel. La banque l'accorde néanmoins uniquement aux profils solides, avec des revenus stables et un endettement maîtrisé.
Combien peut-on emprunter avec 40 000 € d'apport ?
Le montant empruntable dépend surtout de vos revenus et du taux d'endettement de 35 %, pas seulement de l'apport. Avec 40 000 €, vous pouvez soit couvrir les frais d'un projet important, soit vous en servir de sécurité en optant pour un financement à 110 %. Estimez votre marge réelle avec notre analyse de la capacité d'emprunt.
Le prêt à taux zéro (PTZ) finance-t-il un investissement locatif ?
Non. Le PTZ est réservé à l'acquisition d'une résidence principale par un primo-accédant, sous conditions de ressources et de zone. Il ne peut pas servir d'apport pour un bien destiné à la location. Pour un projet locatif, l'apport doit provenir de votre épargne, d'une donation ou du produit d'une revente.
Quelle banque prête sans apport pour un investissement ?
Il n'existe pas de banque qui prête sans apport par principe : la décision dépend de la qualité du dossier, pas d'une enseigne. Certaines banques et courtiers sont plus ouverts au financement à 110 % en locatif, mais tous exigent des revenus stables et un endettement sous 35 %. Comparer plusieurs offres via un courtier reste la meilleure approche.
Le montant d'apport idéal dépend de votre situation, de votre fiscalité et de la rentabilité visée. Pour situer votre projet et comparer un scénario avec et sans apport, simulez votre rentabilité locative ou contactez notre agence pour un accompagnement personnalisé.
Sources : Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) pour le taux d'endettement, service-public.fr pour le crédit immobilier, ANIL pour le financement et le PTZ. Vérifiez les conditions en vigueur en 2026 auprès de votre banque.
Vous souhaitez investir ?
Nous avons accès à une sélection privilégiée de biens off-market
Découvrir nos offres